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Par Sébastien Peltier

Un SOH au marathon d'Amsterdam

8 avril 2018...Marathon de Paris...après 3  éditions consécutives cette fois c'est sûr j'ai fait le tour de la distance, ce sera mon dernier...
17 octobre 2021... Marathon d'Amsterdam... Je suis sur la ligne de départ dans le vieux stade qui accueillit les JO de 1928... Il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis...
Quel cadre et quelle ambiance, rien que pour ça je suis heureux d'être venu.
Seul hic, je suis là sans prépa spécifique, inscrit depuis 2 ans j'ai décidé d'y participer 2 semaines auparavant...autour de moi, les coureurs semblent à fond, motivés, surentrainés, moi je me lance dans l'inconnu, je fais confiance à mon corps, je n'ai plus le choix.
Le speaker soudainement se tait, place au bruit d'un battement de coeur, ça résonne dans ma poitrine, départ dans 1min...
Lâcher de fumigènes, coup de feu du starter, c'est parti... Un demi-tour sur la piste olympique et nous voilà dans la ville sous les encouragements incessants des Amstellodamois... 3 ans sans vivre ce moment, un pur bonheur...
Les premiers kms s'enchaînent sans souci, j'ai trouvé mon rythme allure 4'35, si je le maintiens, je battrais mon record... Pensée folle alors que j'aborde seulement le km7...
Particularité du parcours nous croisons les premiers qui nous devancent déjà de plus de 2km... Premier constat, ce n'est pas Paris, pas de monuments à l'horizon, que du bitume mais peu importe, un marathon est une aventure qui se vit de bout en bout alors je mémorise chaque seconde, chaque mètre et je m'enivre des bravos de la foule toujours omniprésente.
L'Amstel... Un peu de verdure... 12km le long du fleuve qui donne en partie son nom à la ville et les premières fatigues apparaissent déjà alors que je passe le km18... Cela m'apprendra à croire en moi mais je conserve l'allure, je suis toujours entre 4'35 et 4'45.
Je passe la mi-course, nous remontons l'Amstel à présent, sur l'autre rive j'aperçois les coureurs partis après moi, ça remonte le moral de se dire qu'ils n'en sont que là... Je me motive comme je peux car ça devient dur...
Km26... Ma fidèle supportrice est présente au rendez-vous fixé avant le départ, son sourire me redonne de la force même si ce moment ne dure que quelques secondes... J'ai failli la manquer, mais sa voix parmi tant d'autres m'a guidé vers elle... Maintenant je ne la revois plus avant l'arrivée...
Km 28... Ça y est, je perds de la vitesse, ce n'est pas le mur, c'est juste que je n'ai pas de foncier, mais j'avance... Je prends le temps de bien boire et de me restaurer à chaque ravitaillement, j'ingurgite boissons énergétiques, eau et bananes... J'en peux plus des bananes... Mais je sais que la machine va finir par puiser dans ce que j'avale alors je mange sans faim, pour éviter la fringale.
Peu importe le chrono, je sais à présent que mon record n'est plus d'actualité... Les km défilent lentement maintenant, mais ils défilent... Je commence à entrevoir la fin, mon corps n'est plus que souffrance. Les descentes habituellement appréciées paralysent mes quadris devenus durs comme de la pierre...
Le Vondelpark... Je retrouve la frénésie du départ ; le néerlandais est génial, très présent et prévenant... Je saisis une bouteille d'eau au vol offerte par un spectateur, je récolte quelques sourires, les encouragements pleuvent... Km40... Wow, je l'attendais avec impatience celui-là... Dernière dizaine... Plus que 2km et je réalise qu'en maintenant mon allure descendue à 5'30, je peux passer sous les 3h30 alors je m'exécute...
La flamme rouge, dernier effort et le stade olympique en vue, je retrouve ma fidèle supportrice à l'entrée du stade, petit clin d'œil au passage, j'ai les poils et me voici sur la piste, 250m et la joie d'en finir... La dernière ligne droite est enivrante, le cadre toujours aussi extraordinaire... Ligne franchie, un 3h29'01'' anecdotique, mais je suis satisfait.
Vivement le prochain... ailleurs... Valencia peut-être...
 


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