Envie de participer ?

14 novembre 2021

Trail des châtaignes

 La première chose à dire c’est qu’il y en France des organisateurs assez fêlés pour vous sortir un parcours de 52km dans une forêt minuscule en pleine région urbanisée. Pour cela ils ont cogités pour vous faire grimper le même coteau une bonne vingtaine de fois, dans un sens puis dans l’autre. Ne trouvant pas la chose assez débile ils ont évidemment choisi de faire cela en plein automne, époque ou les terrains commencent à être bien imbibés.

La seconde chose à comprendre, c’est qu’il y a des coureurs suffisamment immatures pour s’y inscrire. Et qui plus est, pour payer ce genre de prestation…

 Alors, lorsque je me suis aperçu, il y a quelques semaines que mon inscription de 2020 avait été reportée au 14 novembre 2021, je me suis juste dit : « c’est n’importe quoi cette course!! » Je plaide l’irresponsabilité morale et demande un non-lieu. Je me suis inscrit pendant le confinement de l’automne dernier et je ne me souviens absolument plus de rien, je n’étais pas moi-même !!

 Ce matin du 14 novembre, à 6h, je me retrouve finalement avec quelques centaines d’autres malades pour boucler la dernière course de ma saison. L’avantage c’est que je n’ai aucun stress, je suis juste là parce que j’ai payé !! D’habitude en novembre c’est le temps de ma coupure annuelle, je l’ai donc décalée de quelques semaines. Pas trop entrainé, je compte sur le reste de mon foncier pour boucler tranquillement ce parcours surprenant. En effet, pour trouver du dénivelé l’équipe d’Aurélien Collet et Xavier Samson ont été chercher toutes les pentes possibles et inimaginables. Certaines sont équipées de cordes car avec la pluie c’est ça ou les monter avec les ongles !

Le départ est sympa, on navigue dans le fort de Cormeilles à la lumière des frontales, histoire de se réchauffer un peu. Il pleut, mais ça c’est normal, c’est les châtaignes quand même !! Au bout d’une petite demi-heure premier problème, on est un gros paquet à être paumés. Il faut dire que le balisage a dû être sacrément compliqué à mettre en place. Coup de bol je suis avec Arnaud, et le gars il maitrise à fond sa dernière Garmin. Avec deux autres coureurs il nous fait redescendre la dernière côte gravie et nous ramène sur le parcours officiel. Il assure le gars pour suivre une trace !! Pendant ce temps-là il y en a un grand nombre qui coupent et raccourcissent involontairement le parcours. Pendant ces premières heures, je redoublerais de nombreux coureurs qui vont visiblement moins vite que moi ; et lorsqu’à chaque ravito on demande à chacun son kilométrage il n’y en a pas un d’identique ! Certains auront jusqu’à quatre kilomètres de moins à l’arrivée ! Bon, pour moi, l’objectif ce n’est pas le classement qui de toute façon ne veut plus rien dire dans ces conditions. Je me suis fixé de tenir le 7km/h le plus longtemps possible, un point c’est tout. Non, pas tout à fait, j’ai aussi dans l’idée de mettre la pression au deuxième SOH inscrit sur cette distance, le dit Arnaud, qui m’a remis sur le parcours en début de course. Il m’a lâché rapidement mais je pense qu’il risque d’être un peu fatigué sur la fin, d’autant plus qu’il a fait le marathon de Paris il y a peu. De plus, c’est bien connu les jeunes ils ont du mal à gérer l’allure !! ;-) . Toutes les heures je regarde le kilométrage, et la « table de sept » est parfaitement respectée. Au 14 eme j’ai les encouragements de Daniel qui s’est levé tôt pour être un des rares spectateurs de la course. Tout au long du parcours j’ai aussi la joie de retrouver tous les bénévoles du SO houilles, Sylvie, Lionel et Rachid (qui en plus ont réparé mon bâton bloqué quelques minutes avant le départ), Christophe, Maria, Mina, Lamia, Nadège, et j’en oublie surement. Au 28eme, à mi-parcours, je me change entièrement grâce à ma belle Edith qui m’a apporté des fringues sèches. C’est souvent un rituel pour moi, je préfère perdre 10 minutes, mais lorsque je repars j’ai l’impression de recommencer une nouvelle course.

 Butte des châtaignes, premier passage pour la descente, la fine équipe de Mina, Lamia et Nadège m’accueille avec leurs cris stridents. Je ne reste pas trop longtemps (surtout pour protéger mes oreilles…), je sais que dans quelques dizaines de minutes je devrais regrimper la butte et repasser au sommet. Deuxième passage, après l’ascension cette fois ci, de la maintenant célèbre butte Argenteuillaise, terre d’entrainement de Rachid notre trailer fou du Soh.  Et mêmes encouragements de l’équipe de choc. Avec Edith en prime pour m’accompagner sur quelques centaines de marches.

C’était top de les voir, un vrai plus pour la motivation. On doit être au 30eme kilomètre et c’est maintenant que la course commence réellement. Nous devons reprendre le parcours à l’envers, avec tous les raidards jusqu’au fort de Cormeilles, le tout avec 4 heures de course dans les pattes. Jusqu’au 42km je suis dans le rythme de deux féminines qui se tirent la bourre pour le classement général. Elles sont parmi les premières et m’impressionnent par leur facilité. Je les double en montée et elles me repassent sur le plat. Je m’arrête remplir mes flasques au dernier ravito à 10km de l’arrivée, l’une d’entre elle ne s’arrête même pas, quant à l’autre elle me lâchera irrémédiablement deux kilomètres plus loin. Je commence à fatiguer, les montées me paraissent plus difficiles. Heureusement quelques kilomètres plus tard j’aperçois un beau maillot jaune du SOH. Arnaud a effectivement baissé de rythme sur la deuxième partie et c’est pour moi l’occasion de passer quelques instants avec lui. Je ne suis guère plus frais mais l’envie d’arriver rapidement et de savourer une bonne bière est maintenant mon unique motivation. Avec l’avantage des bâtons je l’abandonne lâchement pour les derniers kilomètres. Interminables, entre passages souterrains à la lampe frontale et dernières bosses rajoutées par ces névrosés d’organisateurs, ces ultimes foulées restent quand même un bon souvenir car je me suis malgré tout fait énormément plaisir sur cette course. J’adore ce genre de tracé plein de surprise, de murs et de relances.

Merci aux organisateurs même si le balisage de nuit reste à améliorer ; et surtout aux bénévoles qui sont restés une bonne partie de la journée pour nous guider.


Commentaires

Connectez-vous pour pouvoir participer aux commentaires.