Envie de participer ?
Equipée de trois traileurs

Vous avez tous sûrement vécu de bons moments pendant ces vacances, tout au moins nous l’espérons. Voici le récit d’une semaine pas comme les autres.

Il trottait (normal pour un trailer), dans la tête de Nicolas T, le projet de parcourir la « route » (façon de parler) mythique entre Chamonix et Zermatt. Rapidement, son compère Bruno B lui a emboité le pas (sic), ainsi que Denis M qui s’est dit qu’il fallait le faire avant que les glaciers soient tous fondus.

Après l’abandon par deux opérateurs (pas assez de clients pour ce genre d’épreuve), nous trouvons une proposition de parcours en liberté (fourniture Roadbook, hébergement, transport de bagages), le reste à nous de jouer. Nicolas T se colle à potasser le Roadbook ; trop de transferts, non mais ! on est pas venu pour faire de la route ou du téléphérique ! Du 120 km d’origine, on arrive à 170 km, le tout en 7 jours avec un seul transfert. Nicolas T = Monsieur Bahlsen Plus, que les jeunes ne peuvent pas connaître.

Je vous épargnerai la description, jour par jour, de cette équipée sportivo (surtout)/touristiquo (un peu)/gustativo (pas mal)/et surtout panoramivo (beaucoup), et vous relaterai les faits qui nous ont marqués.

Tout d’abord, une mention spéciale à Madame Météo sans qui nous n’aurions pas vu tous ces beaux sommets, une semaine de grand beau, en Teeshirt, sans sortir la veste de pluie tout en cheminant autour des 2500 – 3000 mètres.

Bien sûr, en premier, la vue sur le Mont Blanc depuis le col de Balme, mais suivi quelques heures après par le passage de la fenêtre d’Arpette ; alors là, faut pas rigoler, t’as intérêt à regarder où tu mets les pieds, de gros blocs, largement pas joints, des repères qu’il ne faut pas perdre des yeux, de l’eau qu’il faut découvrir dans la faille d’un rocher si tu veux pas mourir de soif !.

Ah ! ce sentier balcon au-dessus de la vallée de Bagnes, longé par un petit canal d’irrigation qui nous permet de trottiner de bon matin. Il est vrai que plus loin, nous avons enjambé un panneau, « accès interdit, chutes de pierres », en bon français qui se respecte (faut dire que la carte ne nous donnait pas d’autre possibilité sauf à redescendre dans la vallée). Finalement le sentier avait été sommairement réaménagé depuis les dernières pluies, ils avaient dû oublier d’enlever le panneau !.

Des passages dans des pierriers, il y en a et pas toujours très rigolos, mais sur celui bien nommé La Perraire, une harde de chamois, en s’affranchissant de nos difficultés de pauvres bipèdes, se donne en spectacle à quelques dizaines de mètres au-dessus de nous.

La vue sur le Mont Blanc de Cheillon, 3870 mètres (1000 mètres de moins que son compère de Cham) et sa forme en triangle isocèle en fait une montagne que nous remarquerons souvent et dont nous retiendrons le nom de même que le Weisshorn, 4506 mètres qui lui domine plusieurs vallées.

L’ascension du Schwarzhorn, à 3200 mètres, avec juste la difficulté qu’il faut, pour apprécier le 360 degrés qui nous récompense au sommet.

La traversée du Plateau du Grand Désert, qui porte bien son nom, où malheureusement, si le glacier se réduit comme peau de chagrin, coule encore son torrent. Et là, je vous dis quand il faut traverser pieds nus dans cette eau à 5 – 6 degrés sur des pierres glissantes, on rêve de situation plus confortable. Mais le séchage sur les pierres chauffées par le soleil est un pur bonheur.

La montée dans le pierrier au-dessus du glacier de Cheillon (dont il ne reste comme ailleurs que des franges), puis la traversée avec l’aide de cordes de sécurité dans un secteur plutôt aérien permettant l’accès au pied des échelles sous Le Pas de la Chèvre, est un beau passage de montagne qui génère juste ce qu’il faut d’adrénaline.

Ce départ à 4 h du matin de St Niklaus dans un fin brouillard à la frontale pour assurer l’heure du retour en train de Zermatt, étant celui de la dernière étape, est un peu particulier. Il est agrémenté au lever du jour par un bouquetin qui se découpe en contre-jour sur notre sentier, belle image.

Mais la grosse émotion en ce qui me concerne est le franchissement de la passerelle Charles Kuonen 494 mètres, 85 mètres au-dessus du vide. La lisse droite a été usée prématurément ce matin du 16 août, désolé pour les suivants !. De savoir que cette passerelle qui était la plus grande du monde jusqu’en mai 2021, a été supplantée par la passerelle portugaise d’ Arouca (516 m, 175 m au-dessus du vide), ne m’a pas soulagé.

Mais il n’y a pas que la montagne. La découverte de ces chalets, villages et hameaux suisses, bien proprets, avec le drapeau flottant fièrement, montre l’amour de nos voisins pour la tradition. De même que leurs curieux greniers en bois (style maisons forestières de notre jeunesse) posés sur des pierres rondes supportées par des poteaux en bois fichés dans le sol, ceci pour empêcher les rongeurs d’atteindre le précieux contenu (malins les suisses : touche pas à mon blé !!).

Le passage dans les alpages à travers les troupeaux de superbes vaches noires de race Herens, équipées de leur grosse cloche nous a ravi les yeux ….et les oreilles. Pour que vous soyez au top au prochain salon de l’agriculture sachez que ces vaches sont appelées à s’affronter, au sens littéral du terme, lors de fêtes au cours de matches…et non pas de combats comme nous a précisé une propriétaire.

En ce qui concerne les hébergements, le plus insolite est cet hôtel au pied du barrage (poids, par opposition au barrage voûte d’une autre technique) de Dixence (il ne nous a pas été préconisé de dormir sur un matelas pneumatique, fenêtres ouvertes… au cas où !). Mais le plus sympathique est l’hôtel des Alpes à Haudères où la patronne est non seulement dotée d’un humour direct, mais aussi d’une belle qualité d’accueil. Nous nous souviendrons de la soirée raclette, dans le jardinet, sous les parasols, « bercée » par les chansons françaises des années 70 – 80 servis par la petite fille en tenue régionale et du petit déjeuner dans une salle aménagée en quasi musée…servis par la Mamie.

Les casses croutes à la cabane de Louvie ou à Arolla sont des moments de répit où les Coca régénèrent les organismes quand ce n’est pas un bon Burger (Nicolas, Bruno) ou une assiette du pays (Denis), à noter que la délation est autorisée en Suisse.

Les brèves rencontres et courts échanges tout au long des sentiers avec les randonneu.ses.rs confirment la solidarité des pratiquants de la montagne.

Sympathiques aussi, ces 6 km de sentiers que nous avons parcourus à contresens de la course off «Sierre-Zinal » tout en encourageant les trailers….ça fait longtemps que Kilian Jornet est passé !!.

Pour conclure, l’arrivée au-dessus de Zermatt avec le Matterhorn (Cervin) 4 478 mètres devant nous (même un peu tronqué par les nuages), but de notre rando-course, est un moment d’émotions partagées. Quelques chocolats suisses concluront gustativement cette aventure avant un retour ferroviaire à Cham, facturé par la rigueur suisse.

Une bien belle expérience en ce qui me concerne, un engagement sportif juste ce qu’il faut pour garder du plaisir, une belle solidarité et complémentarité entre nous trois : Nicolas et Bruno en guides (au top) et moi qui leur permets de prendre des photos..pas belle la vie ?!!

Denis M


Commentaires

Connectez-vous pour pouvoir participer aux commentaires.